Sauvagement

Le 13 janvier j’ai eu le plaisir de passer la journée à l’Ecole Nationale des Beaux-Arts de Lyon, à l’invitation de Patrick Beurard-Valdoye et Agnès Gayraud. À la fin j’ai lu un parcours cheminant dans la Sauvagerie, puis nous avons discuté de capitalocène et d’anthropocène, de l’« intéressant » du poème, de la mort du modernisme, de poésie vivante et de lecture publique. C’était super et en visio, ce qui pose d’évidents inconvénients, mais aussi retransmis sur YouTube, ce qui offre l’avantage de pouvoir le visionner ici.

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Chorale sauvage

Guillaume Richez s’est transformé en chef d’orchestre pour proposer une lecture chorale qui trace un chemin à travers La Sauvagerie. Cliquez ici pour l’écouter.

C’est extrêmement émouvant d’entendre ces textes, portés par la voix d’autres, des autrices et des auteurs que j’estime et qui se glissent dans le livre avec leur manière de lire, leur sensibilité, leur rythme.

Un immense merci à Guillaume Richez et à Isabelle Alentour, Samantha Barendson, Rim Battal, Katia Bouchoueva, Antoine Brea, Guillaume Condello, Grégoire Hadrien Damon, Estelle Fenzy, Aurélie Foglia, Florence Jou, Mélanie Leblanc, Julia Lepère, Lisette Lombe, Florence Pazzottu, Maud Thiria Vinçon, Milène Tournier et Thomas Vinau.

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Confinement sauvage

  • Sur Poezibao, Pierre-Élie Pichot consacre une étude fouillée à La Sauvagerie et Agir non agir.
  • Sur Diacritik, Christian Rosset partage son enthousiasme sur Le Confinement du monde (c’est la troisième partie de l’article).
  • Par ailleurs, le 8ème numéro de Revu, « la revue snob et élitiste » consacre un dossier aux rapports de la poésie à la nature maltraitée. J’y commets un petit essai-manifeste dans lequel je défends l’idée selon laquelle la crise écologique tenant moins à une guerre aux soubassements idéologiques (quoi qu’en disent les « antispécistes »), qu’aux pratiques liées à un système technique écocide dont nous profitons tous plus ou moins (en écrivant sur un ordinateur par exemple) mais dont les conséquences nous sont invisibles, une poésie de l’anthropocène devrait moins réagir par de l’engagement (valoriser ce qui est bien, dénoncer ce qui est mal) que par un travail de visibilisation des chaînes causales et du rapport entre les points éloignés du système. Surtout, vous découvrirez plein de poètes et poétesses talentueux et tueuses. Le tout pour seulement 5€. La revue est papier, mais vous pouvez commander le numéro en ligne.
  • Enfin, j’ai lu pour Sitaudis La Nouvelle poésie des États-Unis, l’anthologie du Collectif Double Change, ainsi que Deuxième mille de Patrick Varetz, un gros poème en mille textes qui se lit comme un page-turner.

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Décharge d’alligator

Juste avant le premier confinement, en février 2020, je suis parti avec Guillaume Condello et Emmanuel S. à Dublin pour écrire ce que je croyais être un essai sur Ulysse de Joyce. Mais l’alchimie de l’amitié et de la Guinness a fait que nous nous sommes vite retrouvés à composer, tous les trois, des sonnets. C’est la raison pour laquelle, lorsque le confinement nous est tombé sur le coin de la tête en mars, la machine à sonnets était lancée, et cela a donné Le Confinement du monde, aujourd’hui en librairie. Mais les 9 sonnets dublinois (qui ne sont pas dans Le Confinement du monde, donc) n’ont pas disparu pour autant dans la nature : vous pourrez les retrouver dans le numéro anniversaire de la revue Décharge, sous le (modeste) titre « L’Anti-Ulysse ».

Par ailleurs, la revue internationale en ligne Alligatorzine a confié à Auxeméry le soin de composer l’un de ses numéros. Celui-ci a donc rassemblé des textes inédits d’Isabelle Garron, Yves di Manno, Anne Calas, Patrick Beurard-Valdoye et moi-même. Très heureux de pouvoir partager aujourd’hui « No Trane to Milan », improvisation en vers et prose sur la musique et la question du sacré. À lire en cliquant ici.

Enfin, le numéro 27 de Catastrophes (déc. 20- jan. 21), « Le Chant des archives » est à lire ici. Outre des contributions de Stéphane Bouquet, Marina Skalova, Yves di Manno ou Sophie Loizeau, vous pourrez y lire de ma main deux textes, « L’objet de la peinture », une déambulation dans Londres lors du Chinese New Year 2020, ainsi que « L’objet du poème, 4 », une méditation (plus ou moins apaisée !) sur les contradictions qui prolifèrent dans mon travail.

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La contrefaçon du Pangolin

Comme on n’a pas pu présenter nos traductions du Shijing, Auxeméry (via Pound) et moi (depuis le chinois), à la Maison de la Poésie de Rennes, celle-ci nous a commandé un texte.

On s’est donc amusés à fabriquer un fake pour l’ajouter au recueil.

Dans « La contrefaçon du Pangolin » j’explique pas à pas mes choix (en les rapportant au Shijing, mais aussi à Confucius, Roubaud, etc.) jusqu’à arriver à un poème intitulé « Cacher ses écailles ». Auxeméry, quant à lui, compose à partir de ma proposition un faux poème de Pound et, ce faisant, nous introduit dans la poétique fulminante du fou des Cantos.

On s’est bien amusés, et c’est à lire ici, sur Poezibao !

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