En bord de mer

Quelques liens pour s’imaginer les pieds dans l’eau en cette période pénible…

L’été dernier, j’ai eu la très grande joie de participer au festival Écrivains en bord de mer. J’y ai fait la lecture d’un montage de textes (issus du Cours des choses, de Sans adresse et de la Sauvagerie) nous emmenant de Fukushima à Shanghai et de Shanghai à Notre-Dame-des-Landes : « la Saloperie. Un chant pollué ». Vous trouverez la captation vidéo de cette lecture (le son est un peu bas au début mais s’équilibre à partir d’1’53) en cliquant ici.

Toujours dans le cadre de ce merveilleux festival, j’ai eu la chance de me faire cuisiner par Thierry Guichard. Voilà donc un parcours à sauts et à gambades dans mon boulot, avec étapes sur l’Armée des chenilles (2007), Barbares (2009), les Gestes impossibles (2013), le Cours des choses (2018), Sans adresse (2018) et le Shijing (2019). Avec toute la générosité de Thierry, ses analyses fulgurantes et ses métaphores sportives, et de ma part, autant de sincérité que possible sur la manière dont j’envisage la fabrication de poèmes. J’y lis aussi des extraits de chacun de ces livres. À visionner en cliquant ici.

Le matin, avant de me rendre aux lectures et entretiens, je passais de longues heures sur la plage, à lire Inventio de Guillaume Artous-Bouvet dont je me servais comme d’un filtre à travers lequel appréhender les paysages de sable, de vagues et de baigneurs. La revue Europe publie dans son numéro d’avril (sur Racine) cet ensemble de 20 poèmes, intitulé « L’Invention de la baule » et logiquement dédié à Brigitte et Bernard Martin.

Bon visionnage, bonne lecture et surtout courage à tous, prenez soin de vous.

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Bonnes nouvelles (depuis le chaos)

En cette période de confinement, je me suis remis à écrire des sonnets, que vous pouvez lire sur les réseaux sociaux (Twitter, Facebook, Instagram) pour ceux que ça amuse. Je voudrais surtout partager ici quelques articles récents qui m’ont beaucoup touché :

  • Sur Poezibao, « Pierre Vinclair – la vie poétique » une longue étude précise, perspicace, enthousiaste, de Pascal Dethurens, sur l’ensemble de mon travail depuis Barbares (2009) jusqu’à Prise de vers (2019) en passant par les Gestes impossibles (2013), le Chamane et les phénomènes (2017), Terre inculte (2018), le Cours des choses (2018) et Sans adresse (2018).
  • Sur Sitaudis, une lecture de Prise de vers par François Huglo : un trajet complet dans le livre qui, avec son art habituel de la synthèse, redonne tous les enjeux poétiques comme philosophiques en une remarquable arabesque.
  • Sur Femmes de lettres, un bel article de Pierre-Élie Pichot sur ma traduction de La loi des remariages suivi de Séparation : une histoire, de Christine Chia.

Par ailleurs, à cause de la crise sanitaire en cours, la publication de mes deux prochains ouvrages, La Sauvagerie (José Corti, coll. Biophilia, un ensemble de 500 dizains composés à partir de 50 poèmes commandés à des poètes contemporains) et son pendant théorique, Agir non agir. Éléments pour une poésie de la résistance écologique (José Corti, coll. « en lisant en écrivant ») est reportée, probablement à courant mai.

Bon courage à tous !

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« À Nantes »

« Il n’y a pas de copie
en général
il y a des doigts
qui caressent le sexe
ou dansent sur la vielle
et se succèdent et se combinent en sons
qui portent la mémoire »

Fin février 2019, j’ai été invité (par la Maison de la poésie de Nantes et le Musée des arts) à une résidence de deux semaines, durant laquelle j’ai composé un texte, au salon des copies et dans la salle des La Tour.

Comme il se trouve que j’ai passé une partie de ma (lointaine) jeunesse à Nantes, précisément au moment où j’ai découvert la peinture et la poésie contemporaine, l’écriture de ce texte a été l’occasion de remuer quelques figures chères : de la mort de Claude Simon au traité d’Alberti, de la traite négrière à la salle des orientalistes, de François Morellet à Katalin Molnar, de Sonia Delaunay à Léonard de Vinci, les quatre parties de « À NANTES » font une plongée dans une mémoire autant personnelle que collective, politique, historique, picturale, littéraire.

C’est un petit chaos de poème et c’est la forme de la pensée de quelqu’un. La Maison de la poésie de Nantes a fait une édition numérique de ce texte (d’abord lu dans le Musée même, face aux œuvres) et me voilà heureux, fier et un peu intimidé, de le partager. Vous le trouverez en cliquant ici.

Et un grand merci à toute l’équipe de la Maison de la poésie et du Musée des arts !

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S!NG : Deux parutions

71786401_2420417781384472_7964725299462012928_o.jpgC’est avec grande fierté & reconnaissance mêlées que je vous annonce que S!NG (ma collection hébergée par le corridor bleu) publie cette semaine ses deux premiers ouvrages individuels :

JE RESSEMBLE À UNE CÉRÉMONIE est le premier livre de Julia Lepère, un récit éclaté s’offrant en trois parties, tour à tour lumineux et tourmenté, amoureux, virtuose, en perpétuelle métamorphose. Frappant par la précision de ses images, la justesse de son souffle, la tenue de son vers, l’ensemble tourne autour de la figure de Mélusine, qui donne son titre à la partie centrale. Tirant en partie sa puissance de l’imaginaire médiéval, c’est une voix dans le même temps charnelle et abstraite, incandescente et rituelle, qui se donne à lire dans ces pages.

LA LOI DES REMARIAGES (suivi de SÉPARATION : une histoire) réunit la traduction (de ma main) des deux livres de la poétesse singapourienne Christine Chia : autobiographie minimaliste en vers, La loi des remariages nous fait revivre, à travers les yeux d’enfant de Christine Chia, le divorce de ses parents, la violence de sa mère et la mort de son père. Séparation : une histoire ouvre le champ et fait se rencontrer l’histoire personnelle de Christine Chia avec celle de son pays : la réunion brève puis la séparation de Singapour et de la Malaisie en 1965. C’est un long poème, fondamentalement hybride, une épopée subjective, où le drame intime et la tragédie politique renvoient l’un à l’autre, sans que l’on puisse dire lequel symbolise l’autre.

Pour des raisons différentes, il s’agit de deux parmi les livres qui m’ont le plus ému ces dernières années. C’est donc une chance et, vraiment, une fierté pour moi de les publier aujourd’hui !

Dans les bonnes librairies et sur le site du corridor bleu : http://www.lecorridorbleu.fr/

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