Derek Walcott, I, 4, 2.

Suite de notre traduction (à la hache) d’Omeros de Derek Walcott.

Il sentait le village dans son dos, entendait la rumeur marine
du fret, plus bas. L’oiseau de mer le regardait.
Puis celui-ci gloussa face au glou-glou, englouti dans le nuage d’écume.

Aussi rapide que sèche une goutte d’eau
sur la cire d’une feuille de songe, Philoctète pose
son échine bosselée sur la terre chaude mirant le ciel

transformant de sa géographie les continents blancs.
Comme s’il demandait pardon à Dieu. Au-dessus de la baie tranquille
l’herbe sentait bon et les nuages changeaient, magnifiques.

À côté il entendait les guerriers se précipiter vers la bataille,
mais c’était du vent dans les ignames morts, la limaille
des lances des palmiers remuant. Les bouviers rangeant le bétail ;

eux, en route pour fonder aucune ville ; ils étaient la fondation,
limités à l’obtention d’aucune victoire ; ils étaient la limitation,
n’aplanissant rien devant eux ; ils étaient les terres d’alluvion.

Il serait l’âme de la patience, pareil à un vieux cheval
tamponnant le pâturage de son sabot, agitant sa crinière
ou remuant sa queue lorsque les mouches encerclent ses plaies ;

si un cheval pouvait endurer les souffrances, un homme le pourrait aussi.
Il saisit une branche et testa son sabot mort une fois
sur la terre élastique. Il lui semblait vaporeux comme une éponge.

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