Le Japon imaginaire – extrait

Mise en page 1LE LENDEMAIN, LA terre avait encore tremblé. mais si fort. Beaucoup plus fort que d’habitude. Et il n’était pas là, il ne l’avait pas entendue, la vague qui vint pour chatouiller, pour balayer ses côtes. Ni les cris, s’échappant des immeubles, sous les néons éteints et les ordinateurs qui tombent, quand la centrale explose, quand les défenses automatiques envahies par l’eau de mer ne refroidissent plus les réacteurs. Il n’avait rien pu voir qu’à la télévision, des images, de mauvaise qualité, pour spectateurs lointains, étrangers, comme jadis entre deux pages de publicité les tours jumelles d’un continent lointain, s’effondrer. Et sur TV5 Monde la voix des interprètes, des journalistes et des commentateurs recouvrait celle des Japonais.

Il ne rentra à Tôkyô que trois semaines plus tard, alors qu’un grand nombre de Gaijins avaient quitté la ville. Avec l’intention ferme d’y rester, lui. De ne pas se défiler, de tenir.

Mais tenir quoi ? Au nom de quel courage ? Pour satisfaire aux décrets de quels dieux fallait-il que je demeure, ici tout seul, cependant que Clémence – de l’autre côté de cette mer que d’aucuns, déjà, nommaient la mer de Chine – commençait l’écriture d’une toute autre histoire ? Oui, pour l’amour de quel Japon imaginaire ?

Le Japon imaginaire, Le corridor bleu, 2014, p. 111.

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