Sylvia Plath, « Berck-Plage », 1962

En 1961, Sylvia Plath passait par Berck-Plage ; elle a tiré de cette expérience une séquence de sept poèmes, terminée l’année suivante. En guise d’amical hommage à Ivar Ch’Vavar, qui a inscrit ce lieu dans l’imaginaire de la poésie française contemporaine (Ch’Vavar, au travail duquel je consacre d’ailleurs mon prochain livre, Le Chamane et les phénomènes, à paraître au printemps chez Lurlure), voici une tentative de traduction (ici la version anglaise). Aujourd’hui, donc, le premier des sept poèmes.

(I)

C’est la mer, et puis, — cette immense suspension de tout.
Comme le soleil appuie, cataplasme, sur mon inflammation !

Des sorbets de couleurs électriques, louchées à la cuillère à glace
Par de pâles jeunes filles, traversent l’espace dans des mains brûlées.

Pourquoi est-ce si tranquille ? Que cachent-ils tous ?
Moi j’ai deux jambes, alors j’avance en souriant.

Un amortisseur de sable absorbe les vibrations ;
Ça s’étire sur des kilomètres, les voix dérobées

Ondulant sans leur support, deux fois plus petites que jadis.
Les lignes de l’œil, ébouillantées par ces surfaces lissées,

Se retournent comme des élastiques, lance-pierre blessant l’observateur.
Est-il si étonnant qu’il porte des lunettes noires ?

Est-il si étonnant qu’il porte cette soutane affectée ?
Car le voilà qui vient maintenant, au milieu des pêcheurs de maquereaux

Qui se dressent pour l’entourer d’une sorte de mur.
Ils manipulent, comme les parties d’un corps, les losanges noirs et verts.

Et la mer, qui a figé tout cela dans son cristal,
Remue au loin, serpenteresse, dans un long sifflet de détresse.

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