Sylvia Plath, « Berck-Plage » (V)

Cliquez sur les liens pour lire « Berk-Plage » (I)(II)(III) et (IV)

(V)

Le ciel gris sombre, les dunes comme une mer verte
courent au loin, pli sur pli, dissimulant leurs cavités,

Ces cavités à l’intérieur desquelles tournent les pensées de la femme —
Émoussées, comme des embarcations très pragmatiques

Bourrées de robes, chapeaux, porcelaine, filles mariées.
Dans l’arrière-salle de la maison de pierre

À cause d’une porte ouverte, un rideau fait vaciller,
Vaciller, et dégouliner, une bougie pathétique.

C’est ça, la langue d’un mort : souviens-toi, souviens-toi.
Aussi loin soit-il désormais, ses faits et gestes passés

L’entourent comme les meubles d’un salon, comme un décor.
Différentes pâleurs aussi se rejoignent —

Pâleurs de mains, de visages familiers,
Pâleurs exaltées d’iris volants.

Ils s’envolent vers le rien : souviens-toi de nous.
Les bancs déserts de la mémoire donnent sur des pierres,

Façades de marbre veinées de bleu, jonquilles dégorgeant leurs dragées.
C’est tellement beau ici : pas la peine en effet d’aller plus loin.

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