Sylvia Plath, « Berck-Plage », (VI)

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(VI)

La nature les a faites si grosses, ces feuilles de limettier ! —
Boules vertes étêtées, procession d’arbres vers l’église.

La voix du prêtre, en une mince brise,
Se faufile jusqu’au cadavre, à l’entrée.

Il lui parle, et les dunes font rouler les notes d’un carillon agonisant ;
Un éclat de blé et de terre brute.

Comment on appelle cette couleur déjà ? —
Sang ancien de murs lépreux guéris par le soleil,

Sang ancien de moignons secs, de coeurs brûlés.
Avec son portefeuille noir et ses trois filles,

La veuve, inéluctable parmi les fleurs,
S’enveloppe de ses dentelles comme d’une file toile de lin :

Il ne faut plus se répandre, désormais.
Au même moment un ciel, grouillant de sourires chiches,

Passe nuage après nuage.
Les fleurs du bouquet de mariés dissipent toute leur fraîcheur,

Or l’âme, c’est une jeune mariée, dans un coin tranquille ;
Elle vient d’épouser un type rougeaud et oublieux de tout : un type quelconque.

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