En souvenir de W. B. Yeats (fragment)

[…]
Comme nous, tu semblais idiot ; ton don survécut à tout cela :
La paroisse des dames riches, la déchéance du corps,
Toi-même. L’Irlande folle t’a ouvert, violemment, à la poésie.
Aujourd’hui l’Irlande n’a perdu ni sa folie ni son climat,
Puisque la poésie n’a pas d’effet : elle survit
Dans la vallée de son propre faire, où les cols blancs
Ne voudraient jamais mettre les doigts, coule au sud
Depuis les territoires de solitude et les chagrins trop pleins,
Villes à vif auxquelles nous croyons, où nous mourons ; elle survit,
Elle-même événement, comme une bouche.
[…]

*

You were silly like us; your gift survived it all:
The parish of rich women, physical decay,
Yourself. Mad Ireland hurt you into poetry.
Now Ireland has her madness and her weather still,
For poetry makes nothing happen: it survives
In the valley of its making where executives
Would never want to tamper, flows on south
From ranches of isolation and the busy griefs,
Raw towns that we believe and die in; it survives,
A way of happening, a mouth.

W. H. Auden, « In memory of W. B. Yeats »

Publicités
Non classé

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s