Seamus Heaney, « Le frêne »

Une tentative de traduction de ce poème de Seamus Heaney qui se trouve dans Seeing Things, Faber & Faber, 1991.

Jamais plus il ne se lèvera, mais il se tient prêt.
Éclaboussé par le matin, comme un miroir,
Il regarde à travers la large fenêtre, songeur,
Sans se soucier du temps clair ou nuageux.

Point de vue de haut sur tout le pays.
Premiers livreurs de lait, première fumée, troupeau, arbres
Saturés d’humidité au-dessus des haies détrempées —
Tout cela est pour lui, il est comme une sentinelle

Oubliée et incapable de se rappeler
Le pourquoi, les raisons de sa station surélevée,
S’étant réveillé soulagé, quoique dans la même position,
Mais délivré de toute contrainte, comme une déferlante.

Peu à peu, sa tête s’éclaircit avec la lumière, et sa main inutile
Tâtonne désespérément jusqu’à pouvoir agripper
Le membre fantôme d’un frêne, sur lequel il pourra s’appuyer.
Parvenu à cette prise, il peut maintenant tenir en place

Ou manier sa canne comme un rameau d’argent, et venir
Marcher de nouveau parmi nous : tel un docte juge.
J’aurais pu tirer de la haie un bien meilleur bonhomme !
Sans doute Dieu se remémorant Adam a-t-il dit la même chose.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :