Petite revue de presse

Le cours des choses

Une petite revue de presse sur Le Cours des choses :

Merci à Patrice Beray, Gérard Cartier et Laurent Albarracin.

Publicités

Parution de Catastrophes No. 9

capture-d_c3a9cran-2018-06-01-c3a0-09-15-43.png

Téléchargez l’intégralité de Catastrophes No. 9 en pdf
.

.

Édito par Pierre Vinclair

les grands hommes
LEÓNIDAS LAMBORGHINI, « Regardez vers Domsaar » (5/5)
EZRA POUND, « L’Invention de la poésie chinoise », 5
GÉRARD CARTIER, « La Grammaire naturelle »
LAURENT FOURCAUT, « Suite Portugaise » (1/2)

l’appareil d’État
CLAIRE TCHING, « La Poésie française de Singapour », 9
GUILLAUME CONDELLO, « Tout est normal », 9
LAURENT ALBARRACIN, « Le Château qui flottait », 7

le chœur
MARIE DE QUATREBARBES, « Empirique fossile », 2
PHILIPP B. WILLIAMS, « Maîtrise » (3/4)
FABRICE CARAVACA, « Planète plate » (9/9)
CHRISTOPHE LAMIOT ENOS, « matin, Crète » (3/4)

les multitudes
JULIAN T. BROLASKI, « 6 poèmes »
EDUARDO C. CORRAL, « Manuscrit griffonné sur un bidon d’eau »
ROMAIN FUSTIER, « Terre-mer »
A.c. HELLO, « Une seconde », 8

.

.

[Illustration : Éric Leleu]

Robert Lowell, « Dauphin »

Un essai de traduction

.

.

Mon dauphin, tu m’as guidé mais par surprise,
captif comme Racine, l’homme tout à son art,
attiré à travers le labyrinthe de fer qu’est sa composition
par la voix vagabonde, incomparable, de Phèdre.
Quand je n’avais plus l’âme en paix, à mon corps
pris dans le nœud de pendu de ses vers naufragés,
tu offris les révérences vitreuses de ma volonté…
Je me suis assis et ai écouté trop
longtemps parler la muse collaborative,
et mis ma vie peut-être trop librement en intrigue,
sans me garder de faire du mal aux autres,
sans me garder de me faire du mal à moi-même—
pour la compassion d’autrui…. ce livre, moitié fiction,
nasse fabriquée par l’homme pour le combat de l’anguille—

mes yeux ont vu ce que ma main a fait.

.

.

Poètes       au travail

Capture d’écran 2018-04-30 à 20.45.12.pngTéléchargez ici le pdf complet de Catastrophes No. 8

.

.

l’édito de GUILLAUME CONDELLO

cadres 
JOSHUA IP, « Ici et là », 4 
CHRISTOPHE LAMIOT ENOS, « matin, Crète » (2/4) 
JACQUES ROUBAUD, Six sonnets
CLAIRE TCHING, « La Poésie française de Singapour », 8 

ouvriers 
A.C. HELLO, « Une seconde », 7 
LAURENT ALBARRACIN, « Le Château qui flottait », 6 
THOMAS VINAU, « Trois considérables considérations sur la poésie » 
PHILLIP B. WILLIAMS, « Maîtrise » (2/4) 

board
EZRA POUND/AUXEMÉRY, « L’Invention de la poésie chinoise », 4
LEÓNIDAS LAMBORGHINI, « Regardez vers Domsaar » (4/5) 
BEPPE SALVIA, « Cœur. Ciel céleste » 
ISHION HUTCHINSON, Trois poèmes 

marchands
JULIEN STARCK, « Le Sélé » 
FABRICE CARAVACA, « Planète plate », 8 
GUILLAUME CONDELLO, « Tout est normal », 8 
MARIE DE QUATREBARBES, « Empirique fossile », 1

.

.

Origines théologiques de l’État libéral

« L’Etat moderne hérite […] de tous les aspects de la machine théologique du gouvernement du monde et se présente tantôt comme État-providence, tantôt comme État-destin. À travers la distinction entre pouvoir législatif ou pouvoir souverain et pouvoir exécutif ou pouvoir de gouvernement, l’État moderne prend en charge la double structure de la machine gouvernementale. Il revêt tour à tour les formes royales de la providence, qui légifère de manière transcendante et universelle, mais laisse libres les créatures dont il prend soin et les formes louches et ministérielles du destin, qui exécute dans les détails les commandements de la providence et contraint les individus récalcitrants dans la connexion implacable des causes immanentes et des effets que leur propre nature a contribué à déterminer. Le paradigme économico-providentiel est bien, en ce sens, le paradigme du gouvemement démocratique, tout comme le paradigme théologico-politique est celui de l’absolutisme.
Il n’est pas surprenant, en ce sens, que l’effet collatéral se présente toujours plus souvent comme consubstantiel à tout acte de gouvernement. Ce que le gouvernement a en vue ne saurait être atteint, en raison de sa nature même, que comme un effet collatéral, dans une zone où général et particulier, positif et négatif, calculé et imprévu, tendent à se superposer. Gouverner signifie laisser se produire des effets concomitants particuliers d’une « économie » générale qui resterait de soi-même complètement ineffective, mais sans laquelle aucun gouvernement ne serait possible. Ce ne sont pas tant les effets (le Gouvernement) qui dependent de l’être (du Règne), mais c’est l’être qui consiste en ses effets : telle est l’ontologie vicariante et effectuelle qui definit les actes de gouvernement. Et quand le paradigme providentiel, au moins dans son aspect transcendant, commence à decliner, État-providence et État-destin tendent progressivement à se confondre dans la figure de l’État de droit moderne, où la loi règle l’administration et l’appareil administratif applique et exécute la loi. Mais même dans ce cas, l’élément décisif reste celui auquel la machine dans son ensemble etait destinée depuis le début : l’oikonomia, à savoir le gouvernement des hommes et des choses. La vocation économico-gouvernementale des démocraties contemporaines n’est pas un incident de parcours ; elle est une partie intégrante de l’heritage théologique dont elles sont les dépositaires. »

Giorgio Agamben, Le Règne et la gloire, in Homo Sacer. L’Intégrale, Seuil, 2016, p. 533-534.