Mir à la bibliothèque

Comme par hasard c’est le samedi 26 septembre à 17h, un an pile après qu’Yves Rossy dit Airman, dit Birdman, dit Fusionman, a traversé la manche à l’aide d’une aile à réaction, que la bien nommée revue d’anticipation Mir sera présentée par Christophe Manon et Antoine Dufeu, éditeurs d’ikko, à la bibliothèque municipale du 3ème arrondissement de Paris, rue Portefoin !

Personne ne croira à la coïncidence, au programme, Daniel et Alexandre Costanzo, Michaël Batalla, Luc Bénazet et moi-même, tous hommes du futurs, liront et présenteront ceux de nos textes qui figurent au sommaire de l’astronomique numéro 2.

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Le testament de l’autre

Dans le numéro 2 de la revue Mir, Christophe Manon publie le début de son Testament. Assez long (200 vers environ), cet incipit déploie une voix dont la simplicité apparente, dont la crudité, même, peut être comprise à la fois comme signe de pureté et de dénuement, dans l’urgence – causée par la proximité de la mort – qui commande au poète d’être direct et sans chichi :

je n’ai ni dieu ni maître
et ne dois rien à personne
souvent j’ai crevé la dalle
et dans ma gamelle souvent
que des pois chiches

Pourtant, cette simplicité – qui n’est, je l’ai dit, qu’apparente – ne laisse pas de troubler : notamment parce qu’il est précisé que le texte de Christophe Manon est une reprise, une adaptation d’un autre Testament. Si bien que derrière ce je d’évidence si franc, qui se livre dans la brutalité d’une expression ne s’embarassant plus des règles d’aucun jeu, se cache en double-fond celui de Villon – et l’on ne sait plus qui parle. Ainsi Manon déconstruit-il le voyeurisme morbide – lequel identifie la voix et l’homme pour trouver dans celle-là des informations sur celui-ci – du lecteur, laissant à sa place le trouble qui le problématise. Ce faisant, s’affirme dans ce dispositif textuel quelque chose comme une solution originale au problème de la littérature contemporaine tel que des oeuvres comme celle de Mallarmé (la disparition élocutoire du poète) ou Pessoa (et son théâtre des hétéronymes) ont pu lui donner forme : celle d’un lyrisme (d’une subjectivation) transpersonnel, détaché des  épanchements contingents de l’individu singulier pour trouver dans l’hybridation de la voix les ressources d’un chant impersonnel, universel.

je veux bien reconnaître mes torts
mais ce que j’ai écrit est écrit

laissons tomber et parlons d’autre chose

Christophe Manon, Testament, in. revue Mir n°2, éditions ikko, juin 2009.

Mir n°2 vient de paraître

Le deuxième numéro de Mir, la « revue d’anticipation » des éditions ikko vient de paraître ; au sommaire de ce volume à plusieurs égards monstrueux, une cinquantaine de contributions venues des sciences, de la philosophie, de l’histoire ou de la poésie (dont celles de Benoît Casas, Christophe Fiat, Abdellatif Laâbi ou Jude Stefan), qui se tressent autour d’un fil rouge sur la Commune de Paris. C’est à la page 546 que vous trouverez le premier chant de mon Pétrole.

MIR, revue d’anticipation

Dans son numéro 2, MIR, revue d’anticipation, fondée par Christophe Manon et Antoine Dufeu, et éditée par IKKO, publiera, entre autres textes sur la Commune de Paris, le premier chant de mon poème épique Pétrole. Croisant sciences, histoire, poésie contemporaine, philosophie et politique, MIR s’est mise en orbite pour la première fois en juin 2007, avec notamment des textes de Jude Stéfan, Quentin Meillassoux ou Ivar Ch’vavar.