LGR, # 30. Enfin, le vent !

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Enfin, un vent violent se lève !
__Quand tu me regardes, tu me souries ;
Mais tu me souries, arrogant ! Tu te moques !
__et mon cœur est décomposé.

Enfin, le vent apporte la tempête !
__Tu prétends être décidé à me rejoindre –
Mais tu ne vas pas, ni ne viens –
__et toute la journée je sanglote.

Enfin, le vent porte de noirs nuages !
__Le soleil disparaît derrière – de noirs nuages !
Et je suis incapable de dormir –
__folle d’espoir… et éternuant de longs sanglots.

Noirs ! Les noirs nuages ! Les ténèbres !
__Grr.. grr… C’est le tonnerre qui gronde !
Et je suis incapable de dormir –
__folle d’espoir… et chérissant ton souvenir.

LGR, # 28. Deux hirondelles

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Les hirondelles, deux par deux, volent –
__on voit leurs plumages échancrés.
La jeune fille va se marier ;
__je l’accompagne au bout d’une vallée lointaine
Où elle finit par disparaître ;
__je verse une pluie de sanglots.

Les hirondelles, deux par deux, volent –
__elles montent en l’air et redescendent,
La jeune fille va se marier ;
__je l’aide à s’éloigner encore
Puis elle finit par disparaître ;
__je reste planté là, je pleure.

Les hirondelles volent deux par deux –
__elles gazouillent, là-haut, là-bas.
La jeune fille va se marier ;
__je l’accompagne loin, vers le sud
Où elle finit par disparaître –
__accablant mon cœur de chagrin.

C’était ma sœur, ma cadette –
__au cœur profondément affectueux.
Elle était si aimante et si gentille ;
__à la fois vertueuse et prudente.
C’est elle qui méditait la vertu des anciens
__et m’exhortait à y songer aussi.

LGR, # 26. La barque en bois de cyprès

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Tangue la barque en bois de cyprès,
__et tangue encore – dans les rapides…
Il m’est impossible de dormir !
__Comme une sourde angoisse m’obsède
(Sans compter que je n’ai plus une goutte d’alcool
__pour tout oublier, m’évader).
Mais mon cœur n’est pas un miroir :
__je ne parviens pas à y voir clair.
(Quant à mes propres frères,
__je ne peux pas compter sur eux :
Oserais-je seulement me plaindre,
__ils piqueraient une colère noire !).
Ah… Mon cœur n’est pas un caillou
__qu’on peut envoyer balader !
Et mon cœur n’est pas un tapis
__qu’on saurait rouler à sa guise !
Je suis un homme digne et pieux,
__qu’on ne saurait pointer du doigt…
Mon cœur est soucieux – triste, triste,
__blessé par cette bande de pauvres types !
J’ai dû endurer des souffrances – beaucoup !
__et souffrir leurs insultes – en grand nombre !
Mais je me dis : calme-toi, tiens-toi tranquille –
__au moment du réveil, tu y verras plus clair :
Soleil et lune, l’un après l’autre –
__quand l’un monte, l’autre décline – n’est-ce pas ?
Mais le chagrin défait mon cœur,
__comme un linge qu’on n’a pas lavé.
Alors je me dis : calme-toi, tiens-toi tranquille…
__puisque tu ne peux pas t’envoler.